marți, 6 aprilie 2021

DANS LE LIT DE L’ENNEMI, COCO CHANEL SOUS L’OCCUPATION –HAL VAUGHAN

 




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DANS LE LIT DE L’ENNEMI – HAL VAUGHAN

25/05/2016

LECTURE,LIFESTYLE

DANS LE LIT DE L’ENNEMI – COCO CHANEL SOUS L’OCCUPATION – HAL VAUGHAN

Ce livre, je l’ai acheté après avoir lu quelques biographies sur la vie de Gabrielle Chanel, plus connue sous le nom de Coco Chanel. Etant adolescente, j’étais une grande fan de mode. Je me suis intéressée de très près à l’histoire de la mode durant quelques années, espérant devenir journaliste de mode. Cette effervescence est retombée quelque peu, même si je suis toujours émerveillée de voir le travail remarquable de certains couturiers.

“Dans le lit de l’ennemi” n’est pas une biographie comme les autres. Ce livre se penche sur les zones d’ombres du personnage Coco Chanel durant l’occupation. On y apprend qu’elle a été officiellement recrutée comme agent par les services secrets allemands. L’auteur raconte comment Coco Chanel en vient à rencontrer le baron Hans Günther von Dincklage, un espion nazi. Le livre s’appuie sur des documents historiques.

J’ai longtemps ignoré cette part d’ombre sur la fameuse couturière. Les biographies lambda évoquent parfois furtivement le côté antisémite de Chanel mais sans rentrer dans les détails. Cette lecture m’a donc permise de découvrir le côté “sombre” de celle que j’admirai tant étant jeune. Malgré cette lecture, j’admire toujours autant son parcours dans le monde de la mode et les révolutions vestimentaires qu’elle a pu apporter aux femmes des années 20 aux années 70. Le style Chanel a indéniablement marqué le monde de la mode. On ne peut pas le nier. Cela ne change rien.

J’aurai peut-être préféré continuer de l’idéaliser comme j’ai pu le faire il y a quelque années. (Sur certaines photos je trouve même qu’elle a de faux airs de ma grand-mère maternelle tant elle est élégante et qu’elle a le regard ténébreux comme ma doyenne). J’ai eût beaucoup de compassion pour elle : orpheline et élevée dans un couvent, cette épreuve l’a beaucoup touché. Elle a aussi connu la mort de son amant, Boy Capel, dans un accident de voiture. Une tragédie qui l’a fortement bouleversée. C’est une femme qui, selon moi, ne s’est pas épanouie en tant que femme mais en tant que forcenée du travail. Elle n’a pas eût de vie rangée, ni d’enfants. Non pas que ces deux derniers éléments soient synonyme d’apogée en terme de bonheur (ce n’est effectivement pas l’avis de tous), mais c’est comme si elle avait noyé son malheur dans le travail, la réussite, la quête de la perfection.

Avec cette vérité éclatée au grand jour, je me dis que cette enfance l’a justement poussé à développer une inviolable carapace. Quand on lit les témoignages sur ses relations avec ses proches, on reconnait qu’elle était loin d’être tendre. La vie ne l’a pas épargnée. Et c’est bien cela qui l’a très probablement affaibli intérieurement, mais durci “extérieurement”. Si je dois reprendre cette expression à l’envers, je dirai que Coco Chanel c’est “une main de velours dans un gant de fer”. Elle est l’ambivalence même entre la dureté et la faiblesse. Un profil finalement très décousu… Peut-être un comble pour qui c’était la profession.

Hal Vaughan

Dans le lit de l'ennemi

Traducteur : Guillaume Marlière

Le livre choc sur Coco Chanel

Elle a incarné l'élégance française, révolutionné l'image de la femme, donné son nom à la plus prestigieuse maison de couture. Mais derrière la légende, Coco Chanel a laissé dans son sillage un parfum de scandale.

Au-delà d'un certain antisémitisme dont elle ne se cachait guère, il manquait une pièce maîtresse au puzzle de sa vie.

S'appuyant sur des archives récemment déclassifiées, l'américain Hal Vaughan, ancien diplomate et écrivain, lève les ultimes zones d'ombre en révélant les preuves de la collaboration de Chanel, recrutée officiellement comme agent par les services de renseignement de l'armée allemande dès 1940.

La créatrice entretient alors une relation passionnelle avec le baron Hans Günther von Dincklage, un espion nazi de haut rang, longtemps considéré à tort comme un play-boy inoffensif, et fréquente assidûment une petite bande de collaborateurs fort actifs.

Recréant à merveille l'atmosphère du Tout-Paris de l'époque, cette biographie explosive éclaire d'un jour nouveau la personnalité insaisissable d'une femme dont le génie provocateur n'a pas fini de fasciner.

Résumé :

Ce livre, qui n’est pas une énième biographie de Coco Chanel, éclaire les zones d’ombre qui planent sur le passé de la créatrice, notamment durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant près d’un demi-siècle, la vie de Chanel entre 1941 et 1954 est restée enveloppé d’un voile de mystère et de rumeurs. Dans ce livre, entre thriller et document, Hal Vaughan, qui s’appuie sur les archives nazies enfin ouvertes au public, révèle le vrai rôle de Chanel pendant l’occupation de Paris et aux lendemains de la guerre. Il raconte sa longue liaison avec le baron Hans Günther von Dincklage, souvent décrit comme un aimable play-boy, fidèle à sa patrie certes, mais se tenant à distance du régime. Vaughan démontre que Dincklage était au contraire un espion nazi convaincu, qui dépendait directement de Goebbels. Il raconte comment, recrutée par l’Abwehr en 40, Coco Chanel est elle-même devenue un agent au service de l’Allemagne. Comment elle a échappé à la prison à la Libération (grâce notamment à une intervention personnelle de Churchill, rencontré dans les années 20 quand elle était la maîtresse du duc de Westminster) et son exil de 9 ans en Suisse avec Dincklage. Et enfin pourquoi, malgré l’ouverture par la Justice française d’un dossier à charge pour faits de collaboration, elle a pu rentrer à Paris à l’âge de 70 ans, sans être inquiétée Retour triomphal qui lui permettra de reconstruire la maison Chanel.

Dans le lit de l'ennemi : Coco Chanel sous l'Occupation

AUTEUR:Hal Vaughan

EDITEUR ALBIN MICHEL: 2 octobre 2012

RÉSUMÉ

Ce livre, qui n’est pas une énième biographie de Coco Chanel, éclaire les zones d’ombre qui planent sur le passé de la créatrice, notamment durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant près d’un demi-siècle, la vie de Chanel entre 1941 et 1954 est restée enveloppé d’un voile de mystère et de rumeurs. Dans ce livre, entre thriller et document, Hal Vaughan, qui s’appuie sur les archives nazies enfin ouvertes au public, révèle le vrai rôle de Chanel pendant l’occupation de Paris et aux lendemains de la guerre. Il raconte sa longue liaison avec le baron Hans Günther von Dincklage, souvent décrit comme un aimable play-boy, fidèle à sa patrie certes, mais se tenant à distance du régime. Vaughan démontre que Dincklage était au contraire un espion nazi convaincu, qui dépendait directement de Goebbels. Il raconte comment, recrutée par l’Abwehr en 40, Coco Chanel est elle-même devenue un agent au service de l’Allemagne. Comment elle a échappé à la prison à la Libération (grâce notamment à une intervention personnelle de Churchill, rencontré dans les années 20 quand elle était la maîtresse du duc de Westminster) et son exil de 9 ans en Suisse avec Dincklage. Et enfin pourquoi, malgré l’ouverture par la Justice française d’un dossier à charge pour faits de collaboration, elle a pu rentrer à Paris à l’âge de 70 ans, sans être inquiétée Retour triomphal qui lui permettra de reconstruire la maison Chanel.

L'AVIS Publié le 12 octobre 2012 à 15h56

Quiconque a lu "L'Irrégulière ou mon itinéraire Chanel", , d'Edmonde Charles-Roux, sorti chez Grasset en 1974 et constamment réédité depuis, sait que Coco Chanel, c'était peut-être la petite robe noire, mais c'était pas blanc-blanc du côté humanisme. Chanel géniale, drôle, culottée, visionnaire, mais Chanel menteuse, manipulatrice (avec ses frères), aigrie à 50 ans, Chanel pendant l'Occupation, ignoble avec les Wertheimer (possesseurs avec elle de Chanel N°5 et, aujourd'hui, propriétaires de la maison Chanel), Chanel dégoûtée à l'idée d'accorder des droits sociaux à ses employées, Chanel avec un amant SS, Chanel dans un bourbier d'espionnage à Madrid en pleine Seconde Guerre mondiale, Chanel sortie du Ritz manu militari à la Libération. La vérité est connue depuis longtemps. Ce qui n'empêche pas de reconnaître ce que cette femme a apporté à son époque, même si on l'aurait voulue élégante aussi moralement. Or, voici qu'un nouveau livre, « Dans le lit de l'ennemi », de Hal Vaughan, revient sur cette vie terrible. Il confirme les faits susnommés, sauf que, cette fois-ci, la précision des archives photos fait froid dans le dos. Notamment, un document de l'Abwehr (espionnage allemand), notifiant l'immatriculation de Gabrielle Chanel sous le pseudo de « Westminster » dans les services secrets allemands. En pleine guerre. Hal Vaughan boit avec raison du petit-lait. Il fait toutefois quelques amalgames, pas dignes de lui. En voulant enfoncer le clou, il le tord un peu. Il affirme que Chanel était certainement antisémite depuis son enfance en institut catholique, car les catholiques, selon lui, prêchaient jadis, en France, l'antisémitisme. C'est aller un peu vite. Voulant déboulonner Chanel, il met tout dans le même sac : les propos antisémites de Chanel dans les dîners, l'Abwehr, le fait que Chanel ait eu beaucoup d'amants et le fait que, vraisemblablement, elle appréciait la drogue. Or, que Chanel ait eu beaucoup d'amants, tant mieux pour elle. Qu'elle se soit droguée, libre à elle. Quant au reste, qu'elle ait accepté de frayer avec l'ennemi pour faire sortir son neveu d'un stalag, ça, c'est autre chose de très moche (on ignore encore, à ce jour, ce qu'elle savait au juste de la façon dont les services secrets allemands l'utilisaient). Et, enfin, qu'elle ait été collaboratrice, avide de reconnaissance sociale pendant l'Occupation, tout cela est d'une laideur absolue. Depuis longtemps, ceux qui connaissent l'histoire disent et redisent que cette laideur a fini par se voir sur le visage de Coco Chanel, à la fin de sa vie. Et quand on sait le prix que cette femme accordait à l'apparence, eh bien, disons que, d'une manière ou d'une autre, Gabrielle a payé pour ses noirceurs...

Sophie Fontanel

Dans le roman de sa longue vie, il y a au moins un chapitre que la célèbre couturière Coco Chanel a voulu occulter : sa liaison pendant la guerre avec un baron allemand et, surtout, sa collaboration avec les services d'espionnage SS.

Une page longtemps méconnue de l'existence de la "Grande Mademoiselle". A tel point qu'à sa mort, en janvier 1971, la presse n'en fait pas mention. "Au début de la Seconde guerre mondiale, Chanel ferma sa maison de couture et se retira sur les bords du Lac Léman, où elle vécut pendant 15 ans des royalties que lui rapportait son parfum", écrit ainsi, dans la nuit du 10 au 11 janvier, l'Agence France-Presse, qui vient d'annoncer son décès au monde entier.

La réalité est différente. Certes, après avoir présenté au début de la guerre une collection patriotique "bleu-blanc-rouge", Gabrielle Chanel choisit de fermer l'atelier de la rue Cambon quand commence l'Occupation. Mais laisse ouverte sa boutique de parfums et, loin de prendre ses quartiers en Suisse, continue à vivre, en plein coeur du Paris occupé, dans l'immense suite du Ritz, louée depuis 1937.

A 57 ans, elle tombe amoureuse d'un attaché d'ambassade allemand, Hans Günther von Dincklage, de 13 ans son cadet. Sans doute un espion. Ils vivent leur liaison dans l'hôtel prestigieux, partiellement réquisitionné par le régime nazi pour abriter la Luftwaffe et son chef, le maréchal Göring. Surtout, elle fait intervenir les autorités allemandes pour récupérer la propriété de ses parfums, cédée avant-guerre à des industriels juifs. C'est un échec. Les frères Wertheimer, réfugiés aux Etats-Unis, déjouent son plan.

Nom de code : "Westminster"

Las, Coco Chanel se lance dans un nouveau projet, encore plus fou: arrêter la guerre ! En tentant de négocier en 1943 une paix séparée entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Une opération abracadabrante, baptisée "Modelhut" (Chapeau de couture). Qui la conduit deux fois à Berlin. En avril 1943, elle va en discuter les détails directement avec Walter Friedrich Schellenberg, patron des services de renseignement de la SS. Elle connaît bien, plaide-t-elle, le Premier ministre britannique Winston Churchill, rencontré grâce à son ancien amant, le duc de Westminster. L'homme de confiance de Himmler est séduit. Mais l'opération vire au fiasco...

A la Libération, Coco Chanel est arrêtée mais relâchée quelques heures plus tard, sur une intervention de Churchill. Elle préfère toutefois prendre le large en Suisse, dans un palace de Saint-Moritz. Elle ne revient de cet exil qu'en 1953, à 70 ans. Il faut attendre le livre d'Edmonde Charles-Roux "L'Irrégulière ou mon

itinéraire Chanel", publié chez Grasset en 1974, trois ans après sa mort, pour que ce pan discret de son existence soit - en partie - révélé. L'Express, en 1995, et Der Spiegel, en 2008, lèvent un peu plus le voile sur le passé de la dame au canotier.

En 2011, le journaliste américain Hal Vaughan va plus loin dans les révélations avec "Sleeping with the enemy, Coco Chanel's secret war" ("Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel"). Une biographie fruit de trois ans et demi de recherches dans les archives américaines, françaises, allemandes, britanniques, italiennes et polonaises. Documents à l'appui, Vaughan écrit qu'elle est recrutée dès 1940 comme agent secret du régime nazi. Nom de code "Westminster". Elle est aussi une "anticommuniste forcenée" et une "antisémite confirmée", affirme-t-il. "Hal Vaughan donne dans son livre des preuves indubitables d'une compromission grave de Mlle Chanel avec les Allemands", déclare alors à l'AFP

Edmonde Charles-Roux, assurant toutefois ne l'avoir jamais entendue tenir des propos antisémites. "Je ne l'aurais pas supporté". A la publication de l'ouvrage, le groupe Chanel - toujours détenu par la famille Wertheimer - dément aussi fermement que Coco Chanel ait été antisémite tout en soulignant que son rôle pendant la guerre conserve... "une part de mystère".

Une nouvelle biographie de Coco Chanel, «Sleeping With the Enemy, Coco Chanel secret war» (Coucher avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel) qui sort aux Etats-Unis le 16 août devrait faire grincer des dents et sérieusement écorner l'image de l'icône de la mode. Même si cela ne retire rien au fait qu'elle a révolutionné la façon dont les femmes s'habillent, cela jette une ombre sur son passé et sa personnalité écrit le site américain The Daily Beast. L'auteur du livre Hal Vaughan est un spécialiste de la seconde guerre mondiale. Et certaines phrases de son livre sont dévastatrices pour le symbole de l'élégance française:

«Férocement antisémite bien avant que cela soit un moyen de plaire à l'occupant allemand, elle devint riche en se faisant apprécier des très riches et partageait leur détestation des juifs, des syndicats, des francs-maçons, des socialistes et du communisme. Elle estimait après 1933 que Hitler était un grands européen».

Elle était manifestement très influençable et trop amoureuse et cela ne l'a pas aidé de «coucher avec l'ennemi», en l'occurrence le Baron Hans Günther von Dinklage (surnommé «Spatz»), qui était à la fois beau, charmeur, cultivé, sophistiqué, parlait le français à la perfection, et était surtout un «maître espion» travaillant pour les services secrets allemands. Le Baron a manifestement utilisé Coco Chanel et l'a même embarqué en 1943 dans une tentative assez irréaliste et ridicule de paix séparée avec la Grande-Bretagne où elle aurait servi d'intermédiaire.

A la Libération, Coco Chanel a bien été interrogée par un juge français sur des soupçons de collaboration, mais l'affaire n'a jamais été plus loin, elle le doit sans doute à l'amitié que lui portait Winston Churchill.

Pour sa défense, The Daily Beast, met en avant trois choses sur Coco Chanel: «premièrement, elle était un génie qui a changé totalement la façon dont les femmes s'habillent et se voient, deuxièmement, elle était une femme d'affaires brillante et sans scrupules…, et troisièmement,elle était trop naîve politiquement pour réaliser qu'elle était du coté des perdants ou pour faire habilement la délicate transition de la collaboration totale, vers la collaboration à reculons pour finir par l'enthousiasme pour De Gaulle et les alliés» qui a été si fréquente dans les classes dirigeantes françaises en 1943 et 1944.

André Malraux avait déclaré: «de ce siècle en France, seuls trois noms resteront: de Gaulle, Picasso, et Chanel». Un héros militaire et politique, un Espagnol et une collaboratrice. Un résumé du 20éme siècle...

Coco Chanel était-elle une espionne nazie ? C'est la thèse de Sleeping with the enemy, Coco Chanel's secret war (Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), une biographie sur Coco Chanel, sortie mardi 16 août aux Etats-Unis, et qui dévoile un pan plutôt trouble de la vie de la célèbre couturière française. Son auteur, le journaliste américain, Hal Vaughan, affirme s'être appuyé sur de très nombreuses archives françaises, anglaises, allemandes et américaines pour écrire cet ouvrage.

Nom de code : Westminster

Hal Vaughan soutient que Coco Chanel a été recrutée par l'Abwehr, les services de renseignements de l'état-major allemand, en 1940. La couturière, alors âgée de 57 ans, serait ainsi devenue l'agent F-7124 dont le nom de code, Westminster, faisait référence au nom de son ancien amant et ami, le duc de Westminster. Elle se serait alors rendue en mission en Espagne en août 1941 en compagnie du baron Louis de Vaufreland, un agent nazi chargé de recruter de nouveaux espions. "Mademoiselle" espérait de cette façon obtenir la libération de son neveu André, emprisonné dans un camp allemand.

Selon cette biographie, Coco Chanel était déjà à ce moment-là familière du milieu nazi. Elle fréquente notamment à cette époque un officier allemand et agent nazi, le baron Hans Gunther von Dincklage, dit "Spatz", avec lequel elle entretiendra une très longue liaison. C'est notamment lui qui lui présentera le baron de Vaufreland, un ancien agent de la Gestapo et qui lui permettre, selon Hal Vaughan de vivre au 7e étage de l'hôtel Ritz à Paris pendant l'occupation allemande. Coco Chanel aurait également fait un autre voyage à Madrid en 1944, où elle aurait reçu d'importantes sommes d'argent d'un officier de la Gestapo, révèle l'ouvrage.

La lutte pour le contrôle de Chanel n°5

La couturière se serait également servi, en vain, de ses relations avec des agents nazis pour prendre le contrôle des parfums Chanel, dont elle ne possédait qu'une petite part. La majorité de la marque était alors détenue par les frères Wertheimer, des hommes d'affaires juifs auxquels Coco Chanel avait fait appel en 1924 pour commercialiser les parfums portant son nom dont le célèbre n°5.Une information en partie confirmée par le groupe Chanel, toujours détenu par la famille Wertheimer, qui reconnaît que la couturière a tenté de récupérer les parfums Chanel mais dément tout antisémitisme de sa créatrice. "Gabrielle Chanel était une femme de caractère, comme beaucoup de créateurs, elle ne s'était jamais totalement résignée à avoir cédé ses droits de fabriquer et de vendre ce qu'elle considérait comme 'ses' parfums. Et quand l'occasion de pouvoir profiter d'une loi lui permettant de reprendre ses parfums, 'son oeuvre', s'est présentée, elle l'a saisie et a d'ailleurs échoué", précise le groupe Chanel. "Quant à son supposé antisémitisme, non, on ne peut pas laisser dire cela", affirme-t-il.

Une part de mystère

Concernant les relations de Coco Chanel avec le milieu nazi, le groupe ajoute également que la couturière se serait aussi rapprochée de Winston Churchill pour jouer les intermédiaires entre les Alliés et les Allemands dans la perspective d'un accord de paix. "Que s'est-il exactement passé? Quel rôle a-t-elle voulu jouer? Les versions sur ce point divergent et il reste une part de mystère", souligne le groupe Chanel. De son vivant, Coco Chanel a pour sa part toujours nié avoir collaboré avec les nazis.

Ces connexions avec le milieu nazi lui ont toutefois valu d'être brièvement arrêtée à la libération. Et la couturière n'a alors dû son salut qu'à l'intervention de Winston Churchill, qui l'a immédiatement fait libérer.

Info ou intox ? C’est la thèse développée par un journaliste américain, auteur d’une biographie de la couturière française, à paraître ce mardi aux Etats-Unis

Coco Chanel, la célèbre couturière française, aurait été une espionne du IIIe Reich durant la seconde guerre mondiale, affirme un livre à paraître mardi aux Etats-Unis.

Le journaliste américain installé en France Hal Vaughan, auteur de cette nouvelle biographie, affirme s’être appuyé sur de très nombreuses archives françaises, anglaises, allemandes et américaines pour écrire son ouvrage.

Dans "Sleeping with the enemy, Coco Chanel’s secret war" (Au lit avec l’ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), Hal Vaughan affirme qu’en 1940, à 57 ans, Coco Chanel, est recrutée par l’Abwehr, les services de renseignements de l’état-major allemand. Elle devient alors l’agent F-7124, nom de code Westminster, du nom de son ancien amant et ami le duc de Westminster.

Pour l’Abwehr, elle se serait rendue en mission en Espagne en août 1941 avec un autre agent, le baron Louis de Vaufreland, chargé de recruter de nouveaux agents. Elle espérait, précise l’ouvrage, obtenir en échange la libération d’un neveu emprisonné dans un camp allemand, André.

Elle était alors, selon cette nouvelle biographie, amoureuse d’un officier allemand et agent nazi, le baron Hans Gunther von Dincklage, dit "Spatz", avec lequel elle entretiendra une très longue liaison.

C’est lui qui lui aurait fait rencontrer de Vaufreland, ancien agent de la Gestapo au Maroc. Et c’est encore "Spatz" qui lui aurait permis met durant ces années d’occupation de vivre au 7e étage du Ritz à Paris, hôtel de luxe fréquenté notamment par Hermann Goering et Joseph Goebbels.

"Spatz", affirme l’ouvrage de Vaughan, avait quelques mois plus tôt rencontré Adolf Hitler et Goebbels à Berlin, lors d’un voyage où de Vaufreland l’accompagnait. Chanel se rendra encore à Madrid en 1944, où elle aurait reçu d’importantes sommes d’argent d’un officier de la Gestapo.

L’auteur raconte aussi comment Coco Chanel aurait cherché, par ses contacts avec les nazis, à prendre le contrôle du parfum Chanel, dont elle ne possèdait qu’une petite part, le reste appartenant aux frères Wertheimer.

Et comment, à la libération, la grande dame de la couture (1883–1971) est brièvement arrêtée. Quelques heures plus tard, elle sera libérée sur intervention de son ami Winston Churchill. Coco Chanel a toujours nié avoir collaboré avec les nazis.

la "Saumuroise" Coco Chanel mise en cause durant la période nazi

La célèbre styliste qui a eu le mérite de naître à Saumur sans avoir le plaisir d'y vivre est accusée par une une biographie publiée aux Etats Unis le 16 août, d'antisémitisme et d'espionage pour le compte des nazis selon l'agence AP...

En 1954, après neuf ans d’absence, Coco Chanel revient à Paris et relance une collection. Ce fut le triomphe définitif du tailleur en tweed gansé‎. Nombreux sont ceux qui se sont demandés pourquoi Chanel avait connu une traversée du désert après la guerre, et voilà que ce livre “ Sleeping With the enemy, Coco Chanel secret war “, met le doigt là où ça fait mal. Chanel fut arrêtée en 1945 pour crime de guerre, elle n’a jamais été jugée, sûrement grâce à ses relations. Libérée, elle partie vivre en Suisse, le temps qu’on oublie sa collaboration.

Une histoire connue, mais méconnue.

Toutes les biographies de Chanel évoquent cette période. En général, elles se contentent de dire qu,e comme bien des vedettes de l’époque, elle a profité de la vie parisienne, et qu’elle était tombée amoureuse d’un bel officier allemand. On en connait d’autres comme Arletty qui, lors de son arrestation, avait déclaré : "Si mon cœur est français mon cul, lui, est international !"

Le problème c’est que Coco Chanel contrairement à Arletty, Mireille Balin, Sacha Guitry, Maurice Chevalier et tant d’autres, n’a pas seulement fréquenté les Allemands au Ritz ou chez Maxim, elle les a carrément servis. L’auteur du livre Hal Vaughan, un journaliste américain , explique que “Mademoiselle” avait été introduite dans les services secrets nazis par l’un de ses amants, le baron Von Dincklage. L’occupant espérait utiliser ses relations et notamment sa proximité avec le duc de Westminster et Winston Churchill. Elle aurait ainsi proposé en 1944 d’intercéder auprès des Anglais pour négocier une paix séparée.

Chanel antisémite ?

Beaucoup plus gênant, elle a utilisé ses relations nazies pour récupérer sa maison de parfums et le célèbre Chanel 5, cédés avant la guerre à un homme d’affaire juif. C’est là que le scandale arrive : Vaughan écrit tout simplement que Chanel partageait sans complexe l’antisémitisme des nazis.

La maison Chanel a publié un communiqué embarrassé où elle reconnait une part de mystère dans la vie de Coco Chanel, et ajoute que quand “l’occasion de profiter d’une loi lui permettant de reprendre ses parfums, - son œuvre - s’est présentée, elle l’a saisie et a d’ailleurs échoué ”.  Le livre pour l’instant n’existe qu’en anglais, son titre pourrait se traduire par : "Au  lit avec l’ennemi , la guerre secrète de Coco Chanel." On attend avec impatience le titre que choisira l’éditeur français… si toutefois il existe…

Selon l'agence AP

Publié le 17/08/2011 à 07:52

Voilà qui va écorner l'image de la grande couturière symbole de l'élégance française. Coco Chanel, la dame du noir et du blanc, aurait été une espionne nazie en 1939-1945. Dans un livre paru hier aux États-Unis, le journaliste américain installé en France Hal Vaughan, affirme s'être appuyé sur de nombreuses archives françaises, anglaises, allemandes et américaines pour écrire sa biographie. Dans « Sleeping with the enemy, Coco Chanel's secret war » (Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), Vaughan affirme qu'en 1940, à 57 ans, Coco Chanel a été recrutée par les Renseignements allemands. Celle qu'on décrit comme très antisémite, serait devenue l'agent F-7124, code Westminster, du nom de son ancien amant et ami, le duc de Westminster.

Elle se serait rendue en mission en Espagne en août 1941 avec un autre agent, le baron Louis de Vaufreland. Coco Chanel espérait ainsi obtenir en échange la libération d'André, neveu emprisonné en Allemagne. L'auteur raconte aussi comment Coco Chanel a cherché par ses contacts avec les nazis à prendre le contrôle du parfum Chanel, dont elle ne possédait qu'une petite part, le reste appartenant aux frères Wertheimer.

Arrêtée à la fin de la guerre, elle a été libérée sur intervention de son ami Winston Churchill, mais a toujours nié avoir collaboré avec les nazis.

La Dépêche du Midi

Le passé trouble d'une créatrice

"Dans le lit de l'ennemi. Coco Chanel sous l'Occupation", de Hal Vaughan, Albin Michel, 374 pages, 20,90 €.

Par Nicole Vulser (Livre du jour)

Publié le 16 novembre 2012 à 14h41 - Mis à jour le 16 novembre 2012 à 15h13

La biographie mordante de Hal Vaughan sur le passé trouble de Coco Chanel pendant l'Occupation s'appuie sur des archives françaises, anglaises, allemandes et américaines déclassifiées. L'auteur assure lever des zones d'ombre sur la vie de celle qui a incarné l'élégance à la française et créé l'une des plus prestigieuses maisons de couture.

Ce spécialiste de la seconde guerre mondiale présente Gabrielle Chanel comme une créatrice brillante mais lui dresse un portrait à charge. Il la dépeint tout à la fois comme antisémite - ce que dément avec vigueur le groupe Chanel -, homophobe - même si Hal Vaughan assure qu'elle est aussi lesbienne -, arriviste et morphinomane.

Il raconte par le menu ses affaires de coeur en listant ses amants - Etienne Balsan, Boy Capel, Igor Stravinsky, le grand-duc Dimitri, le duc de Westminster, le poète résistant Pierre Reverdy ou encore le dessinateur d'extrême droite Paul Iribe... Des idylles connues. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur Coco Chanel puisque Hal Vaughan signe la soixantième biographie parue à son sujet.

L'auteur affirme que la grande dame de la mode a été une espionne nazie pendant la seconde guerre mondiale. En 1940, Coco Chanel, à 57 ans, a été recrutée par l'Abwehr, le service de renseignement de l'état-major de l'armée allemande. Pour libérer son neveu prisonnier dans un camp allemand, elle est devenue l'agent F-7124, sous le nom de code "Westminster", comme son ex-amant, le duc du même nom.

En tout cas, sa carrière d'espionne dans une mission baptisée "Modellhut" n'a guère été probante, et les tentatives menées depuis l'Espagne pour signer, grâce à son amitié avec Winston Churchill, un accord de paix entre les Alliés et les Allemands auront été vaines. Si Coco Chanel a nié avoir collaboré avec l'ennemi, sa passion tardive pour le baron Hans Günther von Dincklage, un espion nazi de haut rang, anglais par sa mère, était connue depuis 1995. Grâce aux amitiés de ce dernier avec les dignitaires allemands, elle continuera à habiter l'Hôtel Ritz, place Vendôme, à Paris alors que le palace est réservé aux occupants et à quelques familles pronazies, comme les Dubonnet.

Malgré les restrictions alimentaires, cette biographie décrit Coco Chanel en train de déjeuner somptueusement avec ses amis Jean Cocteau, Serge Lifar - ce qui réduit à peu de chose les accusations d'homophobie à son encontre - ou René de Chambrun, le gendre de Pierre Laval. Le biographe maintient aussi que Coco Chanel a entretenu financièrement Walter Schellenberg, criminel de guerre et ancien bras droit d'Himmler. Hal Vaughan revient sur les relations houleuses que Coco Chanel a entretenues avec ses partenaires industriels, les frères Wertheimer, qui exploitaient au niveau mondial, depuis 1924, son parfum, le Chanel N0 5. S'estimant lésée par cet accord, qu'elle avait souhaité, la créatrice tentera pendant la guerre, en utilisant les lois raciales, de reprendre le contrôle de sa marque de parfum.

Pour déjouer cette tentative, les industriels juifs réfugiés à New York avaient placé un prête-nom, Félix Amiot, à la tête de leur entreprise. Cet épisode n'a pas empêché Coco Chanel de vendre in fine son groupe, sa maison de couture et sa société immobilière aux frères Wertheimer en 1954.

Nicole Vulser (Livre du jour)

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Publié par Philippe LENOIR

Coco Chanel, le mythe qui dépasse toute réalité

André Malraux estimait que Gabrielle Chanel, dite Coco, était la femme française la plus influente de son temps. Encore aujourd'hui, la couturière qui inventa la petite robe noire, le tailleur en tweed et le parfum N°5 suscite une fascination sans nulle autre pareille dans l'histoire de la mode. Une histoire complexe, d'un romanesque fou, mais aussi avec des zones d'ombre écornant le mythe Chanel jusqu'à le dépasser durablement. Il faut bien avouer que Coco Chanel y mit du sien, surtout dans la dernière partie de sa vie où elle apparut comme une femme hautaine et solitaire, acariâtre à la limite de la méchanceté. Mais ce sont surtout ses amitiés avec l'occupant nazi pendant la Seconde Guerre Mondiale qui ont fini d'achever la réputation dorée de Coco Chanel, accusée régulièrement d'être antisémite au point de collaborer avec l'ennemi. Cinquante ans après sa disparition, le 10 janvier 1971, dans la suite qu'elle occupait au Ritz à Paris, Coco Chanel continue d'être une énigme déroutante et passionnante qui en fait une femme d'exception dont la légende perdure à travers le temps. Aucun de ses nombreux biographes n'a totalement établi une vérité constante sur Gabrielle Chanel et cela démarre dès sa jeunesse. Née à Saumur, le 19 août 1883, elle est la seconde d'une fratrie de six enfants issue des amours d'Albert et Eugénie Chasnel. Lui est vendeur ambulant en Auvergne tandis que son épouse fait des travaux de couture. Celle-ci meurt de la tuberculose alors que Gabrielle a douze ans. Le père veuf abandonne alors ses enfants. Gabrielle et ses deux sœurs sont confiées, selon les dires de la future styliste, à la communauté religieuse d'Aubazine en Corrèze. Un lieu mythique de la vie de Coco Chanel puisqu'on y trouve des vitraux dans l'église abbatiale où l'on distingue les deux C entrelacés qui auraient servi de modèle au sigle de la maison Chanel. Sauf que de récentes découvertes laissent à penser que Gabrielle Chanel n'aurait jamais fréquenté cet orphelinat et qu'elle fut placée comme bonne à tout-faire chez une tante de Thiers. Dans le même esprit, elle raconta que son père avait émigré aux États-Unis où il avait fait fortune sans jamais en apporter la preuve.


De chanteuse à soldat à la jet-set de Deauville, Biarritz et Paris

La seule chose sûre, c'est que la future impératrice du luxe vécut une jeunesse misérable dans ce Massif Central austère et rugueux, ce qui lui donnera sans doute ce caractère ombrageux. « Je suis le dernier volcan d'Auvergne qui ne soit pas éteint » aimait-elle dire. C'est bien au cours de cette première partie de vie bien sombre que Gabrielle Chanel apprend les rudiments de la couture, notamment pour constituer le trousseau d'un mariage forcé auquel on la destine. Elle préfère fuir son triste horizon en s'installant à Moulins vers 1907, une ville de garnison où elle tente de chanter au Grand Café pour les soldats du régiment de cavalerie. C'est là qu'elle aurait hérité du surnom de Coco, même si d'autre biographes pensent que ce sobriquet est plus ancien, lié à son père qui l'appelait son Petit Coco. Cette courte carrière de chanteuse est là aussi, sujet à controverse puisqu'à l'époque les cabarets étaient également des lieux de prostitution. Et il est fort possible que la jeune Gabrielle ait vendu ses charmes pour arrondir ses fins de mois. C'est en tout cas à Moulins qu'elle rencontre l'officier de cavalerie Étienne Balsan, riche héritier qui lui propose de l'installer à Compiègne où il élève des chevaux de courses. C'est lui qui va l'introduire dans la jet-set des grands rendez-vous hippiques parisiens et va lui permettre de se lancer dans la confection de chapeaux au rez-de-chaussée de sa garçonnière du boulevard Malesherbes. Coco Chanel se fait vite une réputation avec ses créations fantaisistes qu'elle exhibe devant l'aristocratie des champs de course. D'autant qu'elle s'invente dans le même temps, grâce à son apprentissage de la couture, une garde-robe qui reprend les codes masculins des cavaliers qu'elle fréquente...Comme le britannique Arthur Capel dont elle devient la maîtresse et qui financera l'acquisition de sa boutique rue Cambon qui deviendra l'adresse historique de la marque. Dans la foulée, Capel lui permet d'ouvrir une seconde boutique à Deauville où se retrouve toute la jet-set européenne en été pour profiter des bains de mer et assister à la prestigieuse saison hippique. C'est vraiment à Deauville, pendant les années de la Grande Guerre, qu'elle se lance dans la couture avec une seule idée : libérer la femme en inventant une mode inspirée de sa pratique du sport en utilisant la maille de jersey peu chère, confortable et donnant une véritable liberté de mouvement. Elle reprend notamment la marinière des pêcheurs qu'elle accompagne d'un pantalon de pyjama de bain large et fluide.



Arthur Capel, le grand amour de Coco Chanel fut celui qui finança ses premières boutiques



Coco devient Mademoiselle Chanel qui veut libérer la femme

Avec une seconde boutique à Biarritz, l'autre grande station balnéaire de La Belle-Epoque, Chanel invente la silhouette moderne et androgyne que les jeunes femmes de la haute société vont porter aux nues. Coco Chanel, tout au long des années 20 et 30, s'impose comme la styliste de l'avant-garde, d'autant qu'elle aime à fréquenter et à soutenir les artistes comme Cocteau, Picasso ou Stravinsky qui font de Paris la capitale mondiale des arts. Sa renommée est désormais internationale, d'autant que tout lui réussit jusqu'à oser la couleur du deuil pour imposer sa plus célèbre création des Années Folles, la fameuse petite robe noire et de donner le 5, son numéro porte-bonheur à un parfum. C'est la première fois qu'une couturière commercialise un parfum et le succès va l'encourager à donner son nom à des bijoux fantaisie puis, plus tard à une collection de joaillerie. Mais si les affaires sont florissantes, sa vie sentimentale est bien plus compliquée. Capel, le grand amour de sa vie renonce à l'épouser au profit d'une aristocrate anglaise. Il meurt peu après son mariage dans un accident de voiture, ce qui laissera Coco Chanel inconsolable. Elle noue alors une romance avec le duc de Westminster, membre de la famille royale britannique, mais là aussi, celui-ci ne l'épouse pas sous la pression des Windsor qui voit d'un mauvais œil cette Française à la réputation de femme entretenue. Là encore, Coco Chanel enjolivera sa légende en affirmant que c'est elle qui a refusé de se marier, ponctuée d'une phrase devenue célèbre : « Il y a eu plusieurs duchesses de Westminster, mais il n'y a qu'une seule Coco Chanel ! » Alors qu'elle a racheté tous les immeubles de la rue Cambon où elle fait travailler des centaines d'ouvrières, la guerre qui éclate en 1940 enraye durement l'épopée triomphale de Mademoiselle Chanel. Elle ferme son entreprise en justifiant que les temps à venir ne sont plus à la couture, licencie tous ses employés et vit des revenus générés par la commercialisation des parfums. Mais elle reste à Paris où elle continue de vivre à l'hôtel Ritz où sont hébergés les dignitaires nazis et la haute société collaborationniste. Peu portée sur le patriotisme, Chanel s'affiche dans les mondanités de l'époque, tisse même une romance avec un diplomate allemand et semble insensible au sort du pays. Sur son éventuelle collaboration avec l'ennemi, elle conserve encore des zones d'ombre, notamment le fait que Coco Chanel fut espionne au service des nazis.


Après la guerre, l'exil en Suisse avant le triomphal come-back

De toute évidence, les Allemands se sont servis de son ancienne amitié avec Winston Churchill du temps de ses fiançailles avec le duc de Westminster pour lui faire porter une lettre à Madrid à l'intention du Premier Ministre britannique pour l'inviter à négocier la paix.. Mais selon toute vraisemblance, celui-ci n'en a jamais eu connaissance. Plus embêtant est sa volonté d'acquérir la société des parfums Chanel dont elle n'a jamais été propriétaire, puisque celle-ci a été financée dès sa création par Pierre Wertheimer, industriel juif, exilé aux USA. Coco Chanel n'a jamais accepté de percevoir 10% de royalties sur des parfums qui portent son nom et compte grâce aux loi anti-juives, récupérer ce qu'elle estime être son bien. En pure perte puisque Wertheimer a solidement protégé son capital. Ce qui aurait nourri l'antisémitisme de la couturière qui, selon de nombreux témoins dont Françoise Sagan, la rongera jusqu'à la fin de sa vie. En même temps cet antisémitisme n'a jamais fait l'objet e déclarations publiques de sa part et n'a été exprimé, si c'est le cas, qu'au cours de confidences privées. A la Libération de Paris en 1944, elle sera interpellée et interrogée par la Résistance, ne faisant aucun effort pour paraître gaulliste. Mais en réfutant toutes les accusations, notamment celles d'intelligence avec l'ennemi et bénéficiant de sa relation ancienne avec Churchill pour retrouver la liberté. Chanel choisit néanmoins de se faire oublier en s'exilant en Suisse, renonçant de toute évidence à revenir dans le monde de la mode, elle qui a déjà plus de soixante ans. C'est Pierre Wertheimer, qui l'encourage à revenir à Paris en proposant de financer ses futures collections haute-couture pour relancer les ventes des parfums Chanel qui se sont tassées en l'absence de la célèbre couturière. Il convainc l'impétueuse Coco en jouant sur un amour-propre qui ne demandait qu'à être stimulé. Car depuis plusieurs années, celle-ci peste contre le New Look de Christian Dior qui a remis la taille serrée et la poitrine remontée au premier plan. Tout ce que Chanel s'était employée à défaire au nom de la liberté de la femme. En 1954, Mademoiselle Chanel revient dans son antre de la rue Cambon où sa première collection se fait assassiner par la presse. Mais la septuagénaire va sortir son dernier coup de génie, celui qui assoit le mythe à jamais : le tailleur en tweed gansé, l'ensemble féminin le plus célèbre de l'histoire de la mode.



Coco Chanel en haut de l'escalier de la boutique de la rue Cambon où elle suit les défilés à travers les miroirs


Coco Chanel gagnée par la misanthropie, exècre les années pop

Le modèle le plus copié au monde, signe pour Coco Chanel du vrai succès qui lui fera dire l'une des phrases dont elle avait le secret : « Je ne suis pas à la mode. Je suis la mode ! » Elle bénéficiera aussi d'un coup de pub inattendu de Marilyn Monroe assurant qu'elle dormait nue avec quelles gouttes du N°5, ce qui provoqua une ruée mondiale sur celui qui sera désigné comme parfum du siècle. Néanmoins, la vieille dame indigne et égocentrique va perdre la main dans les sixties, passant totalement à côté de la révolution pop, fustigeant une époque qu'elle exècre jusqu'à s'enfermer dans la misanthropie. Elle accusera Yves Saint-Laurent de la copier, pourfendra Courrèges qui découvre le genou et s'affirmera comme la dernière couturière digne de ce nom. Dans quelques entretiens à la télévision, elle fustige pêle-mêle le féminisme, la libération sexuelle, l'affaissement intellectuel, la mini-jupe et le blue-jean. Assise en haut de l'escalier de sa boutique de la rue Cambon d'où elle observe, sans être vue, les défilés dans le célèbre mur de miroirs biseautés, Gabrielle Chanel s'isole de la modernité en cours dans la mode parisienne. Elle multiplie les collections où elle s'applique à répéter des règles d'élégance que personne ne suit plus. La famille Wertheimer rachète l'ensemble de la maison Chanel que Coco continue de diriger en échange d'un train de vie luxueux. Ce qui la rendra riche à millions, mais dépendante d'une famille avec qui elle aura entretenu des rapports conflictuels et ambigus pendant un demi-siècle. Mais surtout, c'est une femme plus seule que jamais, enfermée dans sa gloire passée, qui s'épuise au travail jusqu'à son dernier soupir à 87 ans. La veille de sa mort, Coco Chanel fignolait encore, rue Cambon, sa collection printemps-été 1971 qui sera dévoilée quelques semaines plus tard à titre posthume. Sa fortune personnelle sera léguée à une fondation de mécénat gérée par sa seule héritière directe, la fille de son neveu André Palasse. Cet homme qu'elle éleva comme son propre fils et qui fut bien le seul être à qui elle témoigna une affection de tous les instants. Ce qui fait dire à certains biographes qu'il serait en fait son fils naturel. Même Coco Chanel laissait planer le doute sur sa filiation réelle avec André Palasse, mais sans jamais rien en révéler, même auprès du principal intéressé. Le dernier secret d'une femme dont la vie a été racontée dans une centaine de biographies, mais qui reste à jamais insaisissable. La force des grands mythes modernes !

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Coco et Igor Stravinski

Coco et Dimitri, le cousin du tsar Nicolas II

Coco et Serge Lifar

Coco Chanel et Serge Lifar à Monaco

Coco Chanel et Jean Cocteau

Coco Chanel et Winston Churchill

Le duc de Wellington et sa femme

 Walter Schellenberg, SS-Brigadeführer, chef de la section d'espionnage du RSHA 

Coco chanel et le baron Hans Gunther von Dincklage, surnommé « Spatz » (« moineau »). Selon plusieurs sources, cet ancien attaché d'ambassade allemand appartient au renseignement militaire allemand, l'Abwehr.
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Coco Chanel (1883-1971), "disciple" de La Rochefoucauld (1613-1680)


Citations de Coco Chanel

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse.

La mode se démode, le style jamais.

Personne n'est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible à tout âge.

L'élégance est quand l'intérieur est aussi beau que l'extérieur.

Si vous êtes triste, ajoutez plus de rouge à lèvres et attaquez.

La beauté commence au moment où vous décidez d'être vous-même.

Je n'ai rien à faire de ce que vous pensez de moi. Moi je ne pense pas du tout à vous.

Le luxe, ce n'est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité.

Une femme sans parfum est une femme sans avenir.
Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c'est elle que l'on remarque.

Le meilleur accessoire pour une femme : un bel homme !

Une femme a besoin d'indépendance, pas d'égalité.

Pour être irremplaçable, il faut être différente.

Une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s'apprête à changer de vie.

Vous pouvez être magnifique à trente ans, charmant à quarante ans et irrésistible pour le reste de votre vie.

La modestie c'est la plus haute élégance.

Pour réaliser de grandes choses, il faut d'abord rêver.

Rien ne rend une femme aussi vieille que d'essayer désespérément de paraître jeune.

Ma vie ne me plaisait pas, alors j'ai créé ma vie.

Il n'y a pas de femmes laides, seulement des paresseuses.

Il n'y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue.

Ne sortez jamais de chez vous, même pour cinq minutes, sans que votre mise soit parfaite, bas tirés et tout. C'est peut-ëtre le jour où vous allez rencontrer l'homme de votre vie.

Une fille doit être deux choses : classe et fabuleuse.

Je bois seulement du champagne à deux occasions. Quand je suis amoureuse et quand je ne le suis pas

Les femmes ont toujours été les plus fortes du monde.

La force est construite par les échecs, pas par les réussites.

Le luxe ne réside pas dans la richesse des choses, mais en l'absence de vulgarité.

Les meilleures choses dans la vie sont gratuites. Les deuxièmes meilleures choses sont très, très chères.

A trente ans, une femme doit choisir entre son derrière et son visage.

Il y a des gens riches, et il y a ceux qui ont de l'argent. Ce ne sont pas les mêmes personnes.

La plus belle couleur au monde est celle qui vous va bien.

Je ne fais pas la mode. Je suis la mode.

Portez du parfum partout où vous voulez être embrassé !

Une femme ne devient intéressante que lorsqu'elle a plus de 40 ans.

Quand je trouverai une couleur plus foncée que le noir, je la porterai. Mais jusque-là, je porte du noir!

L'acte le plus courageux reste de penser par vous-même. À haute voix.

L'argent pour moi n'a qu'un seul son: la liberté.

Ne perdez pas votre temps à battre sur un mur, espérant le transformer en une porte.

Quel que soit votre âge, ne pas se sentir aimé, c'est se sentir repoussé.

Si un homme parle mal de toutes les femmes, cela signifie généralement qu'il a été brûlé par une femme.

Une robe faite correctement devrait permettre de marcher, de danser, même de monter à cheval.

Plus une femme se sent mal, mieux elle devrait paraître.

Mes amis, il n'y a pas d'amis.

La mode n'est pas quelque chose qui existe uniquement dans les vêtements. La mode est dans l'air, portée par le vent. On la devine. La mode est dans le ciel, dans la rue.

J'aime la vie! Je sens que vivre est une chose merveilleuse.

Mangez moins que vous ne le pensez, mangez avec votre intelligence, pas avec votre estomac.

La créativité est l'art de dissimuler vos sources.

Une femme a l'âge qu'elle mérite.

Les hommes se souviennent toujours d'une femme qui leur a causé du souci et du malaise.








Coco Chanel, L'irrégulière

 

                                                Ed.Romana, RAO, 2011

EDMONDE CHARLES-ROUX

L'irrégulière ou mon itinéraire Chanel

Résistante, journaliste et femme de lettres, Edmonde Charles-Roux, née en 1920 et disparue il y a quelques jours, a d’abord été l’un des piliers de la presse féminine française de l’après-guerre.

Après avoir participé à la création du magazine "Elle" en 1946, cette femme de caractère, d’engagement et de talent a gravi les échelons de l’édition française de "Vogue" avant d’en devenir la Rédactrice en chef en 1954.

En publiant "Oublier Palerme" en 1966, elle réalise un coup d’essai, et déjà un coup de maître puisque le roman reçoit le prix Goncourt. C’est le début d’une brillante carrière littéraire qui la mène, en 1983, à l’Académie Goncourt, qu'elle présidera de 2002 à 2014.

Ce n’est bien sûr pas un hasard si la romancière, amoureuse de la mode, a consacré deux ouvrages à Gabrielle Chanel. Dès leur rencontre en 1954, les deux femmes se reconnaissent le même esprit d'indépendance et une force de caractère commune qui les pousse à bâtir l'existence qu'elles ont choisie. C'est comme si Edmonde avait trouvé auprès de la couturière l'assurance qui lui manquait encore, la silhouette qu'elle avait seulement ébauchée. La jeune journaliste décide d'adopter tailleur Chanel et collier de perles, une tenue qu'elle affichera durant des années. "Vous avez un style, celui des paysannes arlésiennes, ne bougez pas de ça, ne coupez pas vos cheveux" lui conseillera encore Gabrielle.

Alors que dans "Le temps Chanel", ouvrage référence, elle rend hommage au génie créatif de Coco, dans "L’Irrégulière", elle retrace son destin unique : celui d’une femme à la tête d’une immense entreprise, qui fut le pôle d’attraction de toute une époque. Une créatrice qui aura été pourtant, tout au long de sa vie, une "irrégulière" au regard des conventions bourgeoises. Au fond, un peu ce qu'elle fut elle-même.

Résumé :

Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une " irrégulière " dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l'itinéraire inverse de celui qui l'avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l'inspiratrice et non le modèle, Edmonde Charles-Roux a dû déblayer une vie entière de mensonges ou d'aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l'orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n'allait pas tarder à devenir " poseuse " dans un beuglant de la garnison, où elle chantait " Qui qu'a vu Coco dans l'Trocadéro ? ". " Gomeuse " à Vichy, et même donneuse d'eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. " Irrégulière ", certes - au sens équivoque et proustien du terme - mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d'exception. Il n'est guère d'hommes et de femmes célèbres qui ne l'aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l'histoire de l'entre-deux-guerres. Cocteau, Picasso, Max Jacob, Reverdy, Misia Sert, son amie de toujours, Diaghilev, Stravinski, ils apparaissent tous ici car ils furent les intimes témoins de cette aventure extraordinaire. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu'elle trace la chronique de soixante-dix années du XXe siècle. Ce portrait d'une célèbre inconnue est beaucoup plus qu'un portrait : l'épopée d'un roman vécu et vécu comme un roman par son héroïne.

Ce n'est pas tant la vie de Gabrielle Chanel qui est la plus intéressante à découvrir ici : plusieurs récits, reportages, films et téléfilms (Coco avant Chanel 2009, Coco Chanel et Igor Stravinsky 2009, Chanel solitaire 1981…),ont participé largement à divulguer avec plus ou moins de bonheur, de voyeurisme, de respect de la réalité, de vision chimérique, d'édulcoration mièvre, ce qu'elle avait, toute sa vie, tenter de cacher, de mystifier, d'imaginer, de réinventer.

L'intérêt du livre, c'est d'abord le travail minutieux mené par Edmonde Charles Roux pour recueillir le maximum d'informations pertinentes, glaner les témoignages, les analyser, s'imprégner des lieux où elle vécut, décrypter et interpréter les moindres détails , retrouver des témoins, pour écrire une biographie la plus fidèle possible. Elle a mené, tour à tour, un travail de généalogiste, de documentaliste, de détective privée, d'historienne , de psychanalyste et bien sûr de biographe et de romancière….

De ses investigations, elle en fait un récit réaliste, sans concession, elle nous livre une histoire à la fois vraie mais qui s'apparente à une fiction romancée tant la vie de Gabrielle Chanel fut féconde et bouillonnante en événements dramatiques, douloureux, pittoresques voir picaresques.

Plus de 650 pages qui se lisent avec délectation tant le style est éblouissant et l'exposé de ses investigations prenant

Pour moi Coco Chanel représente la grande classe, alors dès les premières pages je suis sidérée de connaître sa pauvre et malheureuse enfance. Elle ne va prendre tout de suite le chemin de la gloire. Elle va être entretenue (d'où le titre). Mais elle va toujours avoir la rage de réussir, de se faire un nom, d'y arriver seule, de vite rembourser ses dettes pour être autonome. Elle va rejetté son passé, être détestée des siens. Les oublier, oublier son histoire, l'histoire de sa pauvre mère, de son père volage, comme son grand père.

Elle va sublimer la femme, la mettre à l'aise dans ses vêtements en s'inspirant des tenues masculines.

Ce livre m'a beaucoup apporté sur l'image de Chanel qui finalement n'est pas du tout bourgeoise et haute couture.

Ce livre a été écrit en 1976 mais le ton est moderne et accrocheur. Contrairement à Chanel, Edmonde CR aura un comportement exemplaire durant la guerre. On sent une femme de lettres, moderne pour son époque dont le parcours est aussi intéressant à consulter. Elle va réussir avec ce livre a essayé de démêler le vrai du faux dans ce que va raconter Chanel. Elle nous captive par des recherches incroyables qui vont nous amener à traverser presque un siècle riche en Histoire.

LA BIOGRAPHIE DE COCO CHANEL LA MIEUX DOCUMENTÉE…

« Coudre, c'est finalement refaire un monde sans coutures… »Roland Barthes (citation du deuxième épilogue de L'irrégulière).

Et un grand bravo à Edmonde Charles-Roux qui retrace ici presqu'un siècle d'Histoire avec celle de Gabrielle Chanel, après avoir accompli un travail de fourmi auprès d'elle, à démêler le vrai du faux, les mensonges, tout ce que Chanel a toujours voulu cacher sans y parvenir vraiment. Ce livre (paru après son décès en 1971) l'a rattrapée et nous en brosse un portrait de femme, magistral de courage, auréolé de mystères et enfin, dépassé par sa légende…

Ce « pavé » de 654 pages (dans ma vieille version poche) est idéal pour exalter vos vacances, sous l'écriture fluide mais non moins rigoureuse d'Edmonde Charles-Roux. Malgré quelques longueurs, il se lit comme un roman d'aventures puisque la vie de Chanel n'a été faite que d'aventures, heureuses, grandioses et pitoyables mais qui l'ont menées là où l'on sait… et ce n'était pas gagné !

Gabrielle Chanel naît le 19 août 1883 à Saumur, quasiment dans le ruisseau d'un père cévenol, camelot de son état, volage et instable et d'une mère épuisée par les grossesses , fourbue de suivre cet homme qui ne l'a pas épousée. Elle mourra de tuberculose et de misère à 32 ans, laissant Gabrielle orpheline à 13 ans. Son père, dépassé, les abandonnera, sa soeur cadette et elle, très vite dans un orphelinat corrézien, puis elle connaîtra le pensionnat des chanoinesses de Moulins où elle apprendra la couture. le sarrau noir qu'elle portait lui inspirera plus tard, en 1926, la fameuse « petite robe noire ». Elle est plutôt jolie et va se retrouver « poseuse » dans un beuglant de Moulins, ville de garnison où elle poussera la chansonnette et « Qui a vu Coco dans le Trocadéro » ne la consacrera pas comme chanteuse mais elle y gagnera son surnom. Repérée par le châtelain Balsan qui lui ouvre les portes de son château et de ses draps, elle commence l'apprentissage de la vie « d'irrégulière », de femme entretenue, celle que l'on n'épouse pas mais qui revendiquera toujours sa liberté malgré cette blessure qui la poursuivra tout au long de sa longue vie. Elle rencontrera chez Balsan, son seul grand amour, Arthur Capel, dit Boy, d'origine anglaise, ils auront une liaison de huit ans et il ne l'épousera pas non plus, préférant suivre les consignes paternelles et ne pas se mésallier. Mais jamais il ne l'abandonnera et lui prêtera l'argent nécessaire pour acheter son premier atelier du 21, rue Cambon, puis sa boutique à Deauville où elle vend des chapeaux, découvre le jersey et commence à « exploser », aidée de sa soeur, ses nièces pour modèles. En trois ans, elle remboursera Boy.

S'ensuivront les années folles, les rencontres marquantes avec le poète Reverdy (encore un amour qui finira platonique et épistolaire), Jean Cocteau, Diaghilev, Stravinsky, Colette, Picasso et sa chère amie Misia Sert qui lui sera fidèle jusqu'à la mort. Car elle s'est sentie trahie plus d'une fois, la petite Gabrielle et la grande Chanel, abandonnée, humiliée. Mais à chaque fois, elle a opté pour transformer ces humiliations en or, celui qu'elle avait dans ses doigts sans cesse en mouvement. L'âge d'or durera jusqu'à la guerre 1940-45 où là, erreur ! Elle ferme sa boutique de la rue Cambon, licencie tous ses employés et s'installe au Ritz. Elle aurait joué un rôle dans l'Opération Modelhut, initiée par Churchill et De Gaulle, s'improvisant en Mata-Hari trompe-la-mort ! Mais elle va avoir une relation plus que douteuse avec un officier allemand, Hans Gunter von D.. A la Libération, décrédibilisée, elle s'exilera en Suisse jusqu'en 1953. Morte Chanel ? Que nenni. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, elle rouvre le 21 rue Cambon et dirige son empire de main de maître. Sans jamais entrer en Bourse, gardant peut-être de ses origines paysannes le concept que l'or se garde sous les matelas… L'Amérique qui l'a déjà consacrée dès 1929 en la faisant venir pour habiller Marlène Dietrich ou Greta Garbo dans différents films se précipite à nouveau dans ses boutiques et ses petits tailleurs portés par Jackie Kennedy ou le N°5 par Marilyn Monroe la consacreront définitivement.

Certes, elle a payé cette réussite, elle est toujours restée cette « irrégulière » qui n'aimait pas les autres femmes dont elle était jalouse mais les a libérées de leur corset. Coléreuse, excessive mais généreuse, elle jouait souvent les mécènes auprès d'artistes, refusant que son nom soit cité. Féministe avant l'heure et surtout malgré elle, habituée à la discipline, à l'exigence dès son plus jeune âge, elle ne faillira pas en grandissant, puis en vieillissant. Elle s'éteindra seule, dans une chambre du Ritz où elle vivait depuis trente ans, un dimanche de 1971 à presque 90 ans…

Le regard distancié de l'auteure qui traque ses qualités et ses failles lève le voile sur ce mystère qu'elle a entretenu sa vie durant pour cacher ses origines. Ce livre se lit agréablement et j'avoue en avoir appris autant sur Chanel que sur les différentes époques du siècle dernier. Et malgré quelques « longueurs », nous passons outre et nous laissons vite embarquer dans cette histoire où la réalité dépasse souvent la fiction.

J'ai lu deux fois cette passionnante bio. Non seulement elle lève le voile sur la vie de Coco Chanel, son enfance, ses débuts, ses amours, sa fin.... mais elle fourmille d'une multitude d'anecdotes sur les gens "de la haute" qu'elle a fréquentés. En plus c'est très bien écrit. On ne s'ennuie pas un seul instant.

Il s'agit d'une biographie historiquement très détaillée, très intéressante et qui campe de manière saisissante plus de soixante années de vies et d'événements. La période des années folles et de la 1ère guerre mondiale, qui m'intéresse particulièrement, m'a comblée.

Il ne me reste que l'ennui de continuer à ressentir plus qu'une grande réticence à l'égard de Gabrielle Chanel, cette fois bien plus fondée par des certitudes biographiques que par des impressions glanées d'après le quasi-mythe. Car la façon dont cette femme talentueuse s'est montrée cinglante, injuste, manipulatrice, bienfaitrice ou mauvais ange à rebours des mérites des membres de sa famille (qui avait surtout le tort, en existant à des centaines de kilomètres, de lui faire du tort auprès du mâle noble dont elle souhaitait itérativement se faire épouser, pauvre chérie qui n'a pas hésité les sacrifier dans ce but médiocre - pour rien) m'a laissée pantoise ; sa façon paternaliste (maternaliste ?) de diriger sa maison n'éveille pas la moindre sympathie ; quant à sa malchance en amour, tout n'a effectivement pas été rose mais relativisons : ils furent nombreux, riches et/ou talentueux, divertissants et/ou utiles, pleins d'entregent et d'intérêt pour elle. Tant de femmes aimeraient avoir une telle malchance...

J'ai trouvé passionnant le lien que fait la biographe entre les notes synthétiques du parfum numéro cinq de Chanel et l'art abstrait, de même que de son paquetage (packaging?) et de la sobriété de ses lignes.

Elle fut entourée d'artistes, de gens extraordinaires, et c'est finalement surtout eux qui fournissent la matière de cette biographie.

D'autre part, et c'est un reproche que j'aurais envie de faire à Edmonde Charles-Roux et non plus à son objet, l'intérêt d'une biographie est d'apporter une réponse à des questions, de chercher à éclaircir certains mystères, d'éclairer des comportements qui parurent en leur temps aberrants à la lumière d'une recherche ultérieure, de courriers récupérés à la faveur des décès, du temps qui adoucit l'amertume des secrets... Là, rien de tel. La façon discriminatoire dont les frères Chanel furent traités par leur soeur est narrée d'une manière qui souligne effectivement son caractère aberrant, mais aucune explication n'est avancée, et j'en passe de toutes pareilles. La biographe semble échapper à l'embarras dans laquelle la plonge la demoiselle Chanel en racontant (très longuement) la vie, en comparaison, limpide de ses hommes, estimant sans doute que ça raconte aussi bien Coco. Cette dernière a toujours menti de manière éhontée à son propre propos, brouillant les pistes bien avant sa mort et il semble rester beaucoup de cette oeuvre de désinformation ; dès le début de l'ouvrage, Charles-Roux précise d'ailleurs que Chanel avait menti à sa propre biographe, Louise de Vilmorin "qui, ne parvenant pas à lui arracher un mot de vérité, se désespérait".

En suivant l’itinéraire Chanel, Edmonde Charles-Roux, l’auteur d’Oublier Palerme et d’Elle, Adrienne, retrace un destin unique : celui d’une femme qui exerça son pouvoir à la tête d’une immense entreprise, fut le pôle d’attraction de toute une époque, et qui aura été, néanmoins, tout au long de son existence, une marginale, une « irrégulière ».

Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : c’est la chronique des soixante-dix premières années de ce siècle ; il n’est, en effet, guère d’hommes et de femmes célèbres qui n’aient approché Gabrielle Chanel.

Cocteau, aussi bien que Picasso, Max Jacob, Paul Morand, Colette, Reverdy, Missia Sert, son amie de toujours, Diaghilev et Stravinski furent, entre autres, les témoins intimes de cette aventure extraordinaire. (Babelio, Avis des lecteurs)

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No 5 est un parfum des Parfums Chanel créé en 1921 par Ernest Beaux pour Coco Chanel qui désirait un parfum épuré en accord avec sa mode: « Un parfum artificiel, je dis bien artificiel comme une robe, c'est-à-dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. Je ne veux pas de rose, de muguet, je veux un parfum qui soit un composé. ». Il s'agit peut-être aujourd'hui du parfum le plus connu au monde et l'un des plus vendu.

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Histoire

Coco Chanel rencontre Ernest Beaux lors d'un séjour sur la Côte d'Azur à Grasse, par l'intermédiaire de son amant le grand-duc Dimitri Pavlovitch2. Elle lui commande : « un parfum de femme à odeur de femme »3,4. Cette percée vers la parfumerie de la part de Gabrielle Chanel reste alors relativement précurseur ; seul Paul Poiret s'y est, à cette époque, notablement aventuré en 1911, mais sans grand succès2.

Ernest Beaux présente à Chanel deux séries d'échantillons numérotés de 1 à 5 et de 20 à 24. Elle choisit, selon la légende5, l'échantillon no 5n 1. À la question « Quel nom allez-vous lui donner ? », elle répondit : « Je lance ma collection le 5 mai, cinquième mois de l'année, laissons-lui le numéro qu'il porte et ce numéro 5 lui portera chance »6,7.

Pourtant, ce qui deviendra l'incarnation du succès de la parfumerie française est à l'origine un parfum créé avant la Première Guerre mondiale à Moscou, à destination de l'aristocratie russe8. Le Français Ernest Beaux est alors le nez d'une entreprise russe8.

La demande de Gabrielle Chanel est précise : elle ne souhaite pas un solifloren 2, mais bien un parfum composé et abstrait2. Ernest Beaux a l'idée d'ajouter au traditionnel bouquet floral, des aldéhydes en C12, principalement le dodécanal (en) avec des notes de lys et de violet, et le 2-méthylundécanal9 de formule semi-développée CH3-(CH2)8-C*H(CH3)-CHO. Le 2-méthylundécanal est un composé synthétique à la vague odeur d'orange. À l'époque, les ingrédients synthétiques ne sont pas utilisés par les parfumeurs9, et les soliflores dominent le marché mais avec pas moins de 80 éléments dont la puissance est démultipliée par une audacieuse surdose d'aldéhydes. Ce mariage entre les corps synthétiques et les ingrédients naturels imposera un vocabulaire résolument nouveau en parfumerie10. L'usage de multiples éléments, dont certains très couteux comme le jasmin et le mélange des Aldéhydes, permet également de compliquer la copie éventuelle de la formule.

Coco Chanel teste le parfum lors d'un dîner dans le plus grand restaurant de Cannes où elle invite Ernest Beaux et quelques amis. Sur la table, elle place un vaporisateur sur lequel elle prend plaisir à appuyer dès que quelque élégante personne passe à proximité. Elle raconte « L'effet fut stupéfiant, toutes les femmes en passant près de notre table s'arrêtaient, humant l'air ».

Le design du flacon aux lignes sobres et anguleuses serait inspiré de la trousse de toilette pour homme12, peut être de la maison Charvet ou de la flasque à whisky de son ancien amant Boy Capel13. Ce design a eu cinq formes différentes12 : celle, initiale, de 1921, puis de 1924, 1950, 1970 et 2012. Pour le premier des années 1920, Gabrielle Chanel choisit d'enfermer le parfum sophistiqué dans un flacon relativement simple, à l'encontre de la tendance d'alors qui consistait à créer des contenants spectaculaires pour des parfums parfois moyens8.

Le parfum est lancé le jour de la présentation de la collection Chanel, le 5 mai 1921 (05 05 1921), dans sa boutique rue Cambon à Paris, et, devant son succès (la production artisanale ne permettant pas de répondre à la demande12), elle s'associe à la famille juive des Wertheimer qui possèdent un vaste réseau de distribution dans le monde et les parfums Bourjois. Le 4 avril 1924, leur union commerciale donne naissance aux Parfums Chanel détenus à 70 % puis à 90 % par les deux frères Wertheimer Paul et Pierre qui assument tous les risques financiers, ce qui explique que Coco Chanel se sentira lésée ; elle verra dans sa collaboration avec les nazis un moyen opportuniste de récupérer la propriété des Parfums Chanel.

Dès 1929, le N° 5 de Chanel est le parfum le plus vendu au monde15. Il entre en 1959 dans les collections permanentes du MoMA12. Andy Warhol le transforme en œuvre d'art sérigraphiée dans les années 198012.

Longtemps parfum le plus vendu en France, No 5 perd sa place en 2011 au profit de J'adore des Parfums Christian Dior. (w.fr.)

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Carti traduse in romana: 





Domnişoara Gabrielle Chanel a redefinit, împreună cu alţi creatori, moda feminină în secolul XX. După primul război mondial, rochiile ei din jerseu, lipsite de ornamente inutile, aproape sărăcăcioase, au impus stilul „sărăciei de lux”. Trupul feminin, eliberat de creaţiile lui Paul Poiret şi de război, îşi trăieşte gloria cu faimoasa rochie neagră (la petite robe noire).

Dar Domnişoara nu s-a oprit doar la o siluetă lejeră, fără corset; ea  i-a oferit femininului,  eliberat de convenţii, o nouă atitudine, care traduce metamorfozele sociale din anii nebuni. Neconvenţionala Coco nu poate fi înţeleasă decât în contextul epocii sale, multe dintre creaţiile ei datorează imens spiritului timpului şi prietenilor ei din avangarda pariziană.

Asociată cu două transformări spectaculoase ale siluetei feminine (în interbelic şi în postbelic), Chanel a oferit femininului câteva creaţii definitorii:  parfumul Chanel No 5, la petite robe noire (1928),  ţinutele inspirate de hainele marinarilor, taiorul Chanel (1954), geanta 2.55, bijuteriile pur decorative, etc. Toate aceste au venit în momente de redefinire a unor viziuni sociale, ele constituindu-se într-o imagine a femininului elegant, dar şi dornic să îşi afirme libertatea.

Vă invităm la un atelier unde vom descoperi împreună fabuloasele creaţii Chanel şi un personaj mitic. Cine a fost, cu adevărat, Domnişoara, care i-au fost gusturile şi sursele de inspiraţie, cum a perceput ea schimbările epocii în care a trăit? Iată câteva întrebări la care vom încerca să răspundem cu ajutorul imaginilor din epocă, a schiţelor şi notiţelor păstrate în arhiva Chanel.

(https://www.fundatiacaleavictoriei.ro/coco-chanel-povestea-unui-mit-2/)

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Filme:

Documentaire - La guerre du No 5

https://www.youtube.com/watch?v=QnBLvL4eLgI&ab_channel=JonathanTremblay








doc. Arte

Cinématographie

1981 : Chanel solitaire est un film franco-britannique réalisé par George Kaczender, avec Marie-France Pisier dans le rôle-titre.

2008 : Coco Chanel est un téléfilm ; une coproduction européenne, dans laquelle Shirley MacLaine incarne la couturière de retour de Suisse, à 71 ans, et Barbora Bobulova campe Coco Chanel à partir de ses 18 ans.

2009 : Coco avant Chanel, film réalisé par Anne Fontaine. Audrey Tautou interprète la jeune Coco Chanel.

2009 : Coco Chanel et Igor Stravinsky, film réalisé par Jan Kounen, avec Anna Mouglalis qui interprète Mademoiselle Chanel, relate sa relation amoureuse avec le compositeur Igor Stravinsky à la même période que la création de son Sacre du printemps.

2013 : Once Upon a Time…, court-métrage en noir et blanc réalisé par Karl Lagerfeld à la Cité du Cinéma de Luc Besson avec Keira Knightley dans le rôle de Coco Chanel (disponible sur le site internet de la maison Chanel).

2013 : The Return, un court métrage réalisé par Karl Lagerfeld pour Chanel, où le rôle de Coco Chanel est interprété par Geraldine Chaplin.

2018 : Les Guerres de Coco Chanel, portrait documentaire de Coco Chanel diffusé sur Arte73.

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Simon Sebag Montefiore