marți, 30 ianuarie 2024

Cehov, aproapele nostru

 une musique sourde, intime, poignante


Le Théâtre de Anton Tchekhov

Broché – Grand livre, 10 mars 2016


Voici un Tchekhov personnel signé par Georges Banu qui, depuis longtemps, fréquente ses textes et suit leurs mises en scène. Ce livre dessine le territoire de la fameuse tétralogie qui débute avec La mouette, se poursuit avec Les trois sours et Oncle Vania et s'achève avec La cerisaie, tétralogie dont l'auteur est l'un des exégètes les plus réputés. Cet essai met en évidence les grands motifs qui traversent l'ouvre. Il dégage aussi les résonances avec aujourd'hui, nées du regard de proximité posé sur l'homme et de la perspective lucide proposée sur l'histoire. Il existe un " monde " tchékhovien et ce livre en épouse le paysage visible, de même qu'il saisit les courants souterrains qui le traversent. Héritier du XIXe siècle et à l'orée du XXe siècle, ce théâtre se situe au carrefour de l'Ancien et du Nouveau : Tchekhov frappe à la porte et Beckett entre.

Georges Banu, universitaire et essayiste, a consacré ses ouvrages aux grandes aventures de la mise en scène. Il est l'auteur d'essais sur les grandes pièces de Tchekhov et a dirigé le volume collectif consacré au Théâtre d'art (Théâtrales), où Tchekhov et Stanislavski occupent une place centrale.

Il a reçu le Grand Prix de l'Académie Française (2014).
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Cehov, aproapele nostru, Ed. Nemira, 2017
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Vivre de mes rêves 

Broché – Grand livre, 13 octobre 2016 

   


" Dans l'histoire de la littérature, écrit Simon Leys, je ne vois guère que Tchekhov chez qui la qualité de l'homme semble avoir correspondu à la qualité de l'artiste. " Vivre de mes rêves en est l'illustration. C'est le roman vrai de la vie d'un génie humble, soucieux du sort des autres, d'une rare générosité, et dont, par-delà le temps, on aimerait conquérir l'amitié bienveillante, moqueuse, tendre et fidèle...
Cette vaste correspondance permet d'accompagner au fil de son existence cet écrivain soucieux de son art qui était aussi un homme dévoué à sa famille et à ses amis et un médecin animé par une conception humaniste de son métier et une inquiétude profonde devant l'absurdité de la condition humaine. Tchekhov y raconte sa passion du théâtre, son voyage comme reporter sur l'île-bagne de Sakhaline, ses démêlés avec ses éditeurs... Il nous permet aussi de partager les secrets d'un style unique, exquis et délicat.
Ce choix de lettres – dont certaines, longtemps censurées pour cause d'" indécence ", sont traduites ici pour la première fois dans leur intégralité – se lit comme une véritable autobiographie, permettant d'approcher leur auteur au plus près de sa vérité d'homme et d'écrivain. C'est un Anton Tchekhov intime qui s'offre à nous, jusque dans les dernières années de sa vie, au moment où, alors que la maladie va l'emporter inexorablement, il découvre l'amour et le bonheur. Un chef-d'oeuvre d'humour et d'émotion.

A. Cehov, Corespondenta, Polirom,2018 


Anton Tchékhov : Une vie illustrée par Côté


EAN : 9782762125535
174 pages
FIDES (19/01/2006)
4.25/5   2 notes
Résumé /  click sur le titre
ANTON TCHÉKHOV Une vie illustrée  / Roch Côté  / 
Anton Tchékhov avait prédit qu'on ne le lirait plus sept ans après sa mort.Comme il se trompait! Son théâtre et ses nouvelles ont survécu aux vicissitudes du XXe siècle et entrent dans le XXIe avec la vigueur que leur confère une éternelle jeunesse. Loin du souffle épique et d'élans inspirés par la terre et la mystique russes, l'auteur de La mouette et de La dame au petit chien est le poète des hésitations de l'âme, du sens tragique de l'existence et du sentiment de la perte. C'est peu de dire que l'oeuvre de Tchékhov est inépuisable. Elle est un viatique, une voix chuchotant dans le noir, une espérance mise en l'homme, envers et contre tous. Cet album richement illustré retrace l'itinéraire du grand écrivain russe: de Moscou, où il a vécu une douzaine d'années, à son domaine de Mélikhovo, dans la campagne moscovite, en passant par sa ville natale de Taganrog et par Yalta, en Crimée qui fut sa résidence des dernières années. Fort de sa connaissance de la langue russe et d'enquêtes fouillées sur les lieux, Roch Côté a mis ses pas dans ceux de l'écrivain et nous invite à refaire le parcours d'une vie, avec pour toile de fond une Russie encore frémissante des images du passé qui se surimposent à celles du présent. Roch Côté a été reporter aux quotidiens Le Soleil, Le Jour, La Presse et Le Devoir, à Québec et à Montréal, puis a dirigé L'annuaire du Québec, de 1996 à 2003. Journaliste indépendant, il collabore maintenant au magazine L'actualité. Il est, bien sûr, un passionné de Tchékhov.
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Cahiers de régie sur la Cerisaie et les Trois soeurs d'Anton Tchekhov par Stanislavski

EAN : 9782953025965
628 pages
AUX FORGES DE VULCAIN (15/02/2012)

Résumé :
La rencontre entre Tchékhov et Stanislavski a été déterminante pour la réussite de l auteur au théâtre. Déjà célèbre pour ses recueils de nouvelles, Tchékhov a débuté au théâtre par des échecs assez cuisants (Ivanov, Oncle Vania). Lorsque Constantin Stanislavski et Némirovitch Dantchenko, fondateurs de ce qui va devenir le Théâtre d Art, décident de monter la Mouette en 1898, le public va enfin découvrir la singularité des personnages et de l univers de Tchékhov. Stanislavski prend le texte des pièces à bras le corps et crée autour des personnages une atmosphère qui détermine leurs attitudes et puise dans leur psychologie une gestuelle et une appropriation qu il impose aux acteurs à petites touches, dans une approche très concentrée qui fondera ce qu on appellera plus tard « la méthode Stanislavski ». Ses Cahiers de régie, rédigés face au texte, évoquent le déroulement quasi cinématographique de la représentation, riche en détails, excitant l imagination du lecteur et permettant de pénétrer au c ur de la manière dont les personnages ont été envisagés par Stanislavski lors de la création de ces chefs-d uvre de la littérature dramatique. Théâtre dans un fauteuil, découverte d un univers slave envoûtant, excitation de l imaginaire du spectateur, les Cahiers de régie de Stanislavski révèlent les oeuvres à elles-mêmes. -- Préface d Alain Françon -- Présentation par Camille Combes-Lafitte -- Traduction des Cahiers par Jacqueline Razgonnikoff -- Textes de Tchekhov traduits par André Markowicz et Françoise Morvan.
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Anton Tchekov : Une vie par Rayfield
Donald Rayfield
4.40★ (17) auteur du livre Stalin and his Hangmen (Stalin et ses bourreaux)



Cahiers Renaud Barrault, n°43 : Anton tchekov et la cerisaie par Renaud-Barrault




Gallimard,Bibliothèque de la Pléiade
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Anton Tchékhov - oeuvres: Récit tome 3 /  1892-1903 Relié – 27 janvier 1971


Tchékhov : Oeuvres, tome 2 Broché – 23 octobre 1970 

La vie de Tchekhov Broché – 26 janvier 2005 / de Irène Némirovsky (Auteur)

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Tchekhov  / Tanase (Folio Biographies) (French Edition) Pocket Book – February 1, 2008


"Mon âme a besoin de largeur et de hauteur. Et pourtant je mène une vie mesquine, à courir après les roubles et les kopecks. Il n'y a rien de plus minable que la vie bourgeoise avec ses petites pièces de monnaie, ses conversations absurdes et ses vertus inutiles et conventionnelles. Mon âme s'est flétrie parce que je travaille pour de l'argent et que l'argent est au centre de mes activités. Cette sensation insupportable et un zeste de bon sens me font considérer mon métier d'écrivain avec mépris : je n'ai aucune estime pour ce que j'écris, et ce que j'écris me révulse et m'ennuie." Petit-fils de serf et fils d'un boutiquier en faillite, Anton Tchekhov (1860-1904) commence à écrire pour gagner de quoi finir ses études de médecine, et continue à le faire parce que ses "balivernes" lui rapportent plus que ses malades. Persuadé qu'il n'a rien à dire, il se tourne vers le théâtre, et laisse à ses personnages la charge d'assumer des propos qui ne sont pas les siens. Quand sa bonne étoile lui assure enfin des revenus suffisants et un succès qu'il croit immérité, Tchekhov, déjà très malade à moins de quarante ans, arrête presque d'écrire, persuadé qu'après sa mort tout le monde l'aura oublié. Ce livre est le récit de la vie, banale et fabuleuse, d'un homme qui haïssait le mensonge et la violence, leur préférant l'amour et la liberté la plus absolue.


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Tchekhov /  Relié – Illustré, 9 janvier 1984


Après les biographies qu'il a consacrées à quelques prestigieux écrivains russes - Dostoïevski, Pouchkine, Lermontov, Tolstoï, Gogol -, Henri Troyat a entrepris de nous conter l'histoire fascinante de l'un des plus mystérieux d'entre eux, Anton Tchekhov, célèbre par ses nombreuses nouvelles et par cinq pièces de théâtre : Ivanov, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Soeurs et La Cerisaie. Histoire assez courte par la durée puisque Tchekhov vécut quarante-quatre ans (1860-1904), mais longue par les méandres intérieurs du personnage. Ce que nous propose ici Henri Troyat, c'est d'abord un voyage vertigineux dans le proche passé de la Russie. En même temps, avec son don de communion humaine, il nous fait pénétrer pas à pas dans les arcanes d'un être surprenant, à l'oeil vif et à la tête glacée, rieur mais triste, aimable mais distant, égoïste mais ouvert au malheur des autres, entouré de femmes mais craignant de s'engager avec l'une d'elles jusqu'au jour de son étrange et tardif mariage, partageant son temps entre la médecine, où il donne libre cours à sa soif de dévouement, et la littérature, où il s'impose comme un artiste indépendant, hostile à toute prise de position politique, philosophique, religieuse, soucieux avant tout de montrer la vie sans essayer de rien prouver. La lente et passionnante découverte que l'on fait de ce sceptique courtois, de cet enchanteur désenchanté, éclaire toute l'oeuvre de Tchekhov : une musique sourde, intime, poignante où s'exprime la douce absurdité de l'existence quotidienne.

Ce sont ou bien des pages brèves où l'auteur recrée, avec une intensité surprenante, les drames en grisaille de la vie quotidienne et ses minces joies, ou bien les premières grandes oeuvres où le sens de la nature et la reconnaissance sans concessions de la destinée humaine sont largement exprimés. Dans l'économie et le dépouillement des unes, comme dans l'inimitable équilibre des autres, avec la tendresse retenue et la compassion que l'on sait, Tchékhov rend compte d'une Russie profonde qui n'a pas changé avec les années.

sâmbătă, 9 decembrie 2023

 Édition

Nouvelle parution
R. Gary, Romans et récits, 2 vol. (éd. M. Sacotte, Bibliothèque de la Pléiade)

R. Gary, Romans et récits, 2 vol. (éd. M. Sacotte, Bibliothèque de la Pléiade)

Publié le  par Marc Escola

ROMAIN GARY

Romans et récits I, II

Coffret de deux volumes vendus ensemble

Édition publiée sous la direction de Mireille Sacotte

Collection Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard

Parution : 16-05-2019

ISBN : 9782072842245

 

La réalité n’est jamais aussi belle que le rêve d’une mère. Gary a connu d’éclatants succès, mais il a vu son œuvre se heurter à des réticences. La popularité de l’écrivain et sa reconnaissance n’ont pas marché du même pas. Ce n’est pas exceptionnel, et cela s’explique. Les obstacles à une consécration rapide étaient multiples. Le style de l’homme a pu en être un. La manière du romancier en fut un autre.

Gary a été un extraordinaire raconteur d’histoires et un inventeur de personnages en un temps, l’«ère du soupçon», où ces notions, l’histoire, le personnage, étaient réputées périmées. Or pour lui, le récit – l’histoire – n’est pas la part honteuse du roman. Mais c’est se tromper lourdement que de voir en lui, sous ce prétexte, un écrivain conventionnel. La mise en abyme dans Éducation européenne, la polyphonie des Racines du ciel, la voix narrative fantastique dans La Danse de Gengis Cohn, la dimension autofictionnelle de La Promesse de l’aube et de Chien Blanc, la temporalité dans Les Enchanteurs ou l’inventivité verbale et les dispositifs narratifs d’Émile Ajar ne sont pas précisément des signes de soumission au roman hérité du XIXesiècle. Encore faut-il, pour s’en aviser, ne pas passer à côté d’une prose qui mélange les genres, avoue ce qu’elle doit à la poésie et s’autorise toutes les libertés, à commencer par un humour qui a pu déconcerter autant qu’il séduit, parce qu’il va de l’ironie la plus fine au grotesque le plus assumé. Cet humour n’est pas un ornement : il est fondamental. D’une part, il conjure la tentation de l’idéalisme ; de l’autre, il permet de «désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus».

Le réel, voilà l’ennemi. Gary l’appelait «la Puissance». Il a plusieurs visages : guerre, bêtise, vieillissement, solitude… Gary est sensible au tragique de l’Histoire et au malheur des hommes. Ça l’agace : «J’ai tout le temps mal chez les autres.» L’humour est donc une défense. L’imaginaire, un refuge. «Nourris de ce siècle, jusqu’à la rage», les livres de Gary ne sont pas des romans historiques. Ancrés dans l’imaginaire autant que dans l’Histoire, ils relèvent de la «mystique» littéraire de l’aventure qu’ont illustrée, avant lui, Kessel, Cendrars, Saint-Exupéry, et Malraux bien sûr. Cette conception de l’aventure n’est pas de celles qui produisent une littérature populaire de grande diffusion : elle engage une réflexion sur la condition humaine.

L’aventure et l’imaginaire luttent aussi contre une forme particulière de réalité, l’identité. Chez Gary, le je est une clôture, un piège. Ce qu’il y a de permanent dans son identité l’exaspère. Il lui faut s’évader, courir le monde, muer comme un python, se «séparer un peu de [s]oi-même», changer d’identité et vivre d’une vie pseudonyme, au risque de s’y brûler. «L’aventure Ajar» est bien connue, mais on y a souvent vu une imposture. C’était autre chose : l’affirmation des pouvoirs de la fiction, et un défi lancé aux «lois de la nature», qui mènent à la mort.

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On peut lire sur nonfiction.fr un article sur cet ouvrage.

P. Assouline a consacré un billet à cette édition sur son blog larepubliquedeslivres.com.

Lire aussi sur en-attendant-nadeau.fr :

"Pourquoi lire Romain Gary aujourd’hui ?", par Norbert Czarny

Il a trouvé sa place dans la Pléiade mais rien n’assure qu’il l’avait trouvée dans le monde, que ce soit le monde réel, le monde des lettres ou le présent qu’il a vécu. Il y avait en lui quelque chose de décalé, d’étranger, une « bâtardise », que les honneurs ni la gloire ne pouvaient faire oublier. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Romain Gary est un écrivain qui me parle.

"Romain Gary, écrivain de frontière", par Jean-Pierre Salgas

« On m’avait fait une gueule […] l’image était toute faite, il n’y avait plus qu’à prendre place ». Dans Vie et mort d’Émile Ajar (écrit en mars 1979, peu avant son suicide, le 2 décembre 1980), son testament, Romain Gary ne cite qu’un seul auteur du XXe siècle, Witold Gombrowicz, Ferdydurke et sa célèbre distinction entre les « gueules » – que les autres m’imposent – et le visage où je me reconnais.

 

 

Simon Sebag Montefiore